06 17 38 70 89
Accueil > Articles Témoignages > Des cerveaux qui dansent

Des cerveaux qui dansent

Relier le mouvement aux apprentissages, activer tous les sens pour se sentir impliqué et motivé, c'est la base de tout mon travail d'accompagnement. J'ai compris que si j'ai besoin de marcher et de danser pour me ressourcer, c'est aussi bien pour équilibrer ma santé physique et mentale que pour créer des connexion, raisonner ou trouver de nouvelles idées. Pendant les pauses actives le cerveau intègre les informations et crée des liens. L'apprentissage est trop souvent associé à une sédentarité réductrice. Le sport contribue fortement à développer l'attention, la mémoire, le sens de l'équilibre, la coordination, les repères dans l'espace et le temps, l'apprentissage des règles, le respect des consignes, la gestion du stress. Tout ce qui est utile pour les apprentissages.

Pour la plupart des sports, l’entrainement permet d’accroître les compétences.

La danse, quant à elle, mobilise de nombreuses aptitudes : équilibre, travail musculaire, coordination, expressivité, interactions avec un partenaire ou un groupe, respect du rythme. Des études ont montré l’accroissement de fonctions neuronales chez des séniors ayant pratiqué la danse, mis en parallèle avec des exercices de mouvements répétitifs. L’apprentissage constant de nouveaux pas est bénéfique au fonctionnement du cerveau.

On a observé que l’exercice physique est un antidépresseur naturel. Il libère des endorphines (effet euphorisant de "l'hormone du bonheur"). Cependant la douleur en libère aussi. La pratique de la danse ajoute un mieux-être.

Les neurosciences mettent en évidence le rôle primordial du cerebellum (le cervelet) qui relie la pensée aux actes et aux postures. La danse est un bon moyen pour notre cerveau d’incorporer de nombreuses données sur le monde. Le cerebellum intègre également l’émotionnel. Danser permet d’agir sur l’humeur, libère les endorphines et l’ocytocine (surnommée "l'hormone du plaisir"). Le cerebellum est le carrefour entre le mouvement et les processus cognitifs et émotionnels. Son rôle est important dans la coordination des mouvements. Lorsque la coordination s'améliore, les gestes s'automatisent. L'automatisation résulte de la fabrication de nouveaux réseaux dans le cerebellum, en lien avec d'autres parties du cerveau. Le cerebellum permet de donner une valeur abstraite aux connaissances et d'automatiser non seulement les gestes mais aussi la lecture ou le sens des quantités.

La contribution physique du corps est indispensable à l’intégration de nouveaux concepts abstraits par le cerveau. Le cerebellum étant le chef d’orchestre entre les sensations physiques, les sensations et les processus cognitifs, les influx sensoriels créent des allers-retours entre le cervelet et le cerveau limbique (qui régule les émotions), entre le cerveau moteur et le cortex. La danse a un impact bénéfique sur le cerveau, le corps, les hormones et la gestion du stress.

Une étude a été mené chez un groupe de personnes atteintes d’amnésie. Au bout de 10 mois, le groupe de danseurs a montré des scores supérieurs dans tous les tests concernant la mémoire, la vitesse de réaction et les fonctions exécutives, permettant de planifier, organiser et élaborer des stratégies.

La motivation pour danser a été observée également. Elle est plus forte que celle pour exécuter des exercices physiques. Cela s’explique par :

  • Le sentiment de se réapproprier son corps dans l’espace
  • Les bienfaits d’une activité sociale
  • La rythmicité des actions

Trouver le rythme de la musique pour accorder ses pas permet d’activer des structures de base du cerveau. Maitriser des mouvements permet de gagner en contrôle et en pouvoir d’agir, en confiance et d’être conscient de soi. Dès le début de l’apprentissage des pas de danse démarre un remodelage du cerveau avec des effets positifs sur le degré de présence et de concentration, sur la créativité et le stress. On apprend à connaitre notre corps mais aussi nos émotions.

Retour Articles Témoignages